Tout d’abord, félicitations pour avoir atteint ce stade de votre cheminement qui aboutira a la noble profession de médecin. Tous les étudiants en médecine savent que c’est un privilège d’être enfin au second cycle.

 Contrairement aux années précédentes, nous sommes maintenant en mesure de pratiquer, de toucher les patients et surtout de recevoir les félicitations des familles heureuses et satisfaites. 

J’admets que cela peut devenir banal, surtout si vous êtes déjà en 6ème année comme moi. Certains diront même  : « OK, c’est bien tout ça, sauf qu’on apprends pas grand chose».

C’est une excellente remarque, et je suis sûr que vous n’êtes pas le seul à vous poser cette question. 

 En fait, nous ne sommes que trop familiers avec les sentiments tantôt cyniques, tantôt enthousiasmant du second cycle. 

Les mauvais sentiments sont motivés par les raisons suivantes :

  • La plupart des tâches qui vous sont confiées sont subalternes.
  • Vous partez acheter le café de l’interne
  • Vous ne faites que rapporter des informations que les internes savent déjà.
  • Vos humeurs oscillent entre vous sentir ennuyé, négligé, embarrassé ou anxieux.
  • Vous vous demandez constamment à vous-même et à vos camarades de classe ce que vous êtes censé ou autorisé à faire.
  • On vous enseigne rarement la «vraie médecine».

Ce serait malhonnête pour moi de dire que je n’ai jamais eu le sentiment de ne servir à rien. Ces sentiments se sont accentués au cours des dernières années en raison de l’interruption des études médicales.

Certaines facultés ont même arrêté les cours en présentiel pour offrir uniquement des cours en ligne.

 À mon humble avis, je ne ne pense pas qu’un bon étudiant du second cycle est définit par sa capacité à bien répondre aux questions de l’interne, sa capacité à courir à dans l’hôpital pour se sentir utile, à réciter les dernières recommandations des sociétés savantes … Etc. 

Le vrai défi réside dans les non-dits. Et sans doute, ces non-dits auront un impact plus durable et plus important sur vous, vos futurs patients et vos futurs collègues.

Permettez-moi de partager les 15 perles que j’ai recueillies au second cycle et qui, selon moi, valent la peine d’être méditées :

  • Comment prendre soins de soi et entretenir vos relations personnelles.
  • Qu’appréciez vous vraiment dans la vie ? Qu’elle carrière envisagez-vous? Pourquoi?
  • Comment bien se sentir sans toutefois être productif de temps en temps.
  • Savoir que la médecine ne nous définit pas.
  • Comment maîtriser ses émotions et ses pensées?
  • Soyez attentif à vos interactions avec vos collègues et réfléchissez constamment à ce que vous auriez pu faire différemment.
  • S’épanouir avec ses collègues.
  • Quand dire « non » et connaître ses limites.
  • Savoir observer son environnement et agir en conséquence
  • N’avoir aucun problème ou honte à aborder des infirmières ou d’autres membres du personnel de santé au sujet de vos préoccupations.
  • Être proactif dans l’apprentissage de nouvelles compétences auprès des internes et des autres membres de l’équipe médicale.
  • Reconnaître que répondre correctement aux questions est tout aussi impressionnant que reconnaître humblement que vous ne connaissez pas la réponse.
  • Réaliser que vos paroles et vos actions ont toujours un impact sur ceux qui vous entourent.
  • Être à l’aise avec l’inconfort en acceptant les erreurs et en recherchant des commentaires au lieu de rechercher le perfectionnisme en justifiant tout ce qu’on fait.

Le second cycle est en effet une période bouleversante. Cependant, on peut prendre cette occasion pour apprécier notre environnement, les choses et des personne mieux qu’auparavant.

La vérité, c’est que si nous nous retrouvons à dire : « Je n’apprends vraiment rien », il y a de fortes chances qu’il y ait en fait beaucoup à apprendre.

Auteur: Étudiant anonyme, en 5ieme année de médecine, Paris